Santé

Bilan sanguin du chat âgé : créatinine, SDMA, urée, T4

Par api-connector · septembre 9, 2026 · 20 min de lecture

Chat âgé sur la table de consultation d'un cabinet vétérinaire, pendant l'examen qui précède une prise de sang
Sommaire

Vous rentrez de chez le vétérinaire avec une feuille de résultats. Des sigles, des nombres, des flèches vers le haut ou vers le bas, et une colonne de valeurs de référence à côté. Cet article ne vous apprendra pas à interpréter ce document à la place de votre vétérinaire, mais à le lire : ce que chaque marqueur mesure, ce qu’il ne mesure pas, et quelles questions poser pour que le prochain rendez-vous serve à quelque chose.

Un bilan de chat senior tourne autour de quatre valeurs : la créatinine et la SDMA (deux marqueurs du travail des reins), l’urée, et la T4 totale (l’hormone de la thyroïde).

La règle la plus utile tient en une phrase : un résultat ne se lit que contre l’intervalle de référence imprimé sur votre propre compte rendu. L’International Renal Interest Society, le groupe international qui établit la classification de référence des maladies rénales du chien et du chat, écrit dans le texte explicatif de son système de stadification qu’« il n’existe actuellement aucune standardisation des mesures de créatinine sanguine entre les laboratoires vétérinaires de diagnostic ». Comparer un chiffre d’un laboratoire à celui d’un autre n’a pas de sens, et le comparer à un chiffre trouvé sur un forum encore moins.

Deuxième règle : aucun de ces quatre marqueurs ne suffit seul. Une valeur dans l’intervalle de référence n’écarte rien.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Aucun chiffre lu ici ne permet de poser ou d’écarter un diagnostic sur votre chat : un résultat ne veut rien dire sans l’examen clinique, l’analyse d’urine et l’historique qui vont avec. Si votre chat boit plus, maigrit, vomit ou mange moins, prenez rendez-vous.

Pourquoi votre compte rendu n’a de sens qu’avec ses propres valeurs de référence

Un laboratoire ne mesure pas la créatinine avec la même méthode ni le même automate que son voisin. Une thèse de doctorat vétérinaire soutenue en 2014 à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, consacrée à l’établissement des intervalles de référence du chat, l’explique à la racine : « chaque laboratoire ou fabricant d’analyseur établit ses propres intervalles de référence, qui sont dépendants du fonctionnement de la machine, des techniques de dosage, de la nature du prélèvement ».

Ses auteures en donnent la démonstration chiffrée sur des chats sains. Sur leur automate, elles obtiennent une urée de 0,4 à 0,8 g/L, quand l’ouvrage de référence qu’elles citent retient 0,2 à 0,3 g/L : les deux fourchettes ne se recouvrent même pas. Pour la créatinine, elles obtiennent 5,2 à 17,8 mg/L contre 8 à 18 mg/L dans la littérature. Un chat à 0,5 g/L d’urée serait « au-dessus » avec un référentiel et « dans la norme » avec l’autre, sans que rien n’ait changé chez lui.

Ces intervalles sont larges, aussi : selon l’International Renal Interest Society, « beaucoup des intervalles de référence actuels de la créatinine pour les chiens et les chats en bonne santé sont suffisamment larges pour inclure des patients atteints d’une maladie rénale légère à modérée ».

  • Faites suivre votre chat par le même laboratoire quand c’est possible. L’International Renal Interest Society en fait une condition : « utiliser une tendance à l’augmentation des concentrations de créatinine ou de SDMA pour diagnostiquer une maladie rénale chronique suppose le recours à une méthodologie de dosage constante, par exemple en utilisant le même laboratoire pour évaluer les concentrations de créatinine dans le temps ».
  • Gardez tous les comptes rendus. L’évolution d’un chiffre sur plusieurs années dit souvent plus que le chiffre du jour.
  • Ne cherchez pas « les valeurs normales du chat » en ligne. Les seules qui concernent votre animal sont celles imprimées à côté de son résultat.

La créatinine : ce qu’elle mesure, et quand elle rassure à tort

La créatinine est un déchet produit en continu par les muscles, que les reins éliminent. Si les reins filtrent moins bien, elle s’accumule. Puisqu’elle vient des muscles, elle dépend de la masse musculaire : les recommandations consensuelles de l’International Society of Feline Medicine sur la maladie rénale chronique du chat, publiées en 2016 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery, précisent qu’elle « est affectée par la masse maigre et par l’hydratation ».

Le vieux chat qui fond perd du muscle, fabrique moins de créatinine, et voit son chiffre baisser alors que ses reins vont moins bien. Les recommandations de 2016 de l’American Association of Feline Practitioners l’écrivent pour le chat : une fonte importante de l’organisme abaisse « le taux de créatinine (diminué du fait de la perte de masse musculaire) ».

Une thèse soutenue en 2017 à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, consacrée aux carnivores domestiques, chiffre la seconde limite : « on considère généralement que plus de 75 % des néphrons doivent être endommagés pour que la créatinine sérique dépasse la valeur limite de référence ». Le néphron est la minuscule unité qui filtre le sang à l’intérieur du rein. Autrement dit, ce marqueur ne sort de la norme que tardivement.

Ce que votre chat a mangé avant la prise de sang compte

L’International Renal Interest Society indique que « la consommation d’aliments à base de viande entraîne une absorption de créatinine après le repas », et recommande un prélèvement « après une période de jeûne (idéalement 12 heures) ». Si votre chat a mangé une heure avant, dites-le.

Le plus utile à retenir vient du même texte : « déterminer la concentration normale de créatinine propre à un patient peut être plus approprié que d’utiliser l’intervalle de référence établi sur la population ». Votre chat a sa propre normale, et c’est pour cela que les anciens bilans valent de l’or.

La SDMA : ce qu’elle apporte, ce qu’elle ne prouve pas

La SDMA, ou diméthylarginine symétrique, est un marqueur apparu en médecine vétérinaire en 2015, avec un avantage précis sur la créatinine : elle ne dépend pas de la masse musculaire. Chez un chat âgé et amaigri, c’est exactement ce qui compte. Les recommandations de 2016 de l’International Society of Feline Medicine la présentaient avec une réserve qu’il faut lire en entier : « bien qu’elle ne puisse pas actuellement être recommandée comme test de dépistage unique de la maladie rénale chronique, sa mesure peut être utile pour appuyer un diagnostic de maladie rénale chronique ou pour la stadifier, en particulier chez les chats présentant une perte musculaire marquée ».

La thèse d’Alfort de 2017 rapporte une étude rétrospective de Hall et ses collègues (2014) menée sur des chats âgés atteints d’une maladie rénale chronique, dans laquelle « l’augmentation de la SDMA a permis un diagnostic de maladie rénale chronique en moyenne 17 mois plus tôt (et jusqu’à 48 mois plus tôt) » que la créatinine. Une seule étude, sur un effectif restreint : retenez l’idée, pas la précision.

  • Sa spécificité est mal établie. L’International Renal Interest Society écrit elle-même que « la spécificité de la SDMA n’a pas été bien définie » et que sa valeur prédictive positive « est probablement réduite dans les populations générales de chiens et de chats dépistés par les praticiens ». Le même texte cite le lymphome, où la SDMA s’élève sans baisse de la filtration.
  • La méthode n’est pas standardisée. Les seuils de l’International Renal Interest Society reposent sur « la méthodologie propriétaire proposée par les laboratoires IDEXX », et « à ce jour, on ne sait pas si d’autres dosages fourniront des résultats équivalents ».
  • La race entre en jeu. Le même texte indique que les Birmans en bonne santé ont des valeurs de SDMA et de créatinine plus élevées que les autres races, jusqu’à 20 % d’entre eux sortant des intervalles de référence tout en étant sains. Si votre chat appartient à une race, signalez-le : une prédisposition connue se surveille avec le vétérinaire et ne se déduit pas d’un tableau. S’il est croisé ou de gouttière, comme l’immense majorité des chats en France, tout ce qui précède le concerne en premier lieu.

Un résultat français qui invite à la prudence

Il serait malhonnête de s’arrêter aux mérites de ce marqueur. Une thèse soutenue en 2019 à l’École nationale vétérinaire d’Alfort a évalué la SDMA chez 28 chats hyperthyroïdiens, pour détecter une maladie rénale associée. Le résultat est sévère : « la sensibilité de la SDMA pour la mise en évidence d’une maladie rénale chronique était mauvaise (53 %) et la spécificité médiocre (78 %) ». Sa conclusion l’est davantage : « ce marqueur a une mauvaise sensibilité, une spécificité médiocre et ne présente pas d’intérêt notable par rapport à la créatininémie ».

Vingt-huit chats, c’est une petite série, et elle porte sur une situation particulière : celle, précisément, du chat âgé amaigri dont il est question plus haut. Retenez les deux versants. La SDMA apporte quelque chose que la créatinine seule n’apporte pas chez un chat qui a fondu, et elle ne tranche rien à elle seule.

L’urée : le chiffre le plus souvent surinterprété

L’urée figure juste à côté de la créatinine, ce qui laisse croire qu’elle dit la même chose dans une autre unité. Les recommandations de 2016 de l’International Society of Feline Medicine tranchent : « la créatinine est préférée à l’urée comme marqueur du débit de filtration glomérulaire », c’est-à-dire de la quantité de sang que les reins filtrent en un temps donné, parce qu’elle « est affectée par moins de facteurs non rénaux ».

La thèse d’Alfort de 2017 énumère ces facteurs. La production d’urée « augmente après un repas riche en protéines », si bien qu’« il est généralement recommandé que l’animal soit à jeun ». Elle augmente aussi « lors de saignements gastro-intestinaux » et « lors de situations cliniques caractérisées par une augmentation du catabolisme », c’est-à-dire quand l’organisme se dégrade lui-même pour trouver de l’énergie, « (anorexie, infection, fièvre) ». Le verdict est net : « du fait de ces paramètres extra-rénaux importants, l’urée n’est pas un biomarqueur pertinent » pour estimer la filtration rénale.

Chez un chat qui a fondu, urée et créatinine partent en sens inverse

Le chat très amaigri cumule les deux pièges. Les recommandations de 2016 de l’American Association of Feline Practitioners précisent qu’une fonte importante de l’organisme « affecte le taux d’azote uréique sanguin (élevé du fait d’un renouvellement protéique accru) et le taux de créatinine (diminué du fait de la perte de masse musculaire) ». Chez le même chat, au même moment, l’urée monte et la créatinine descend, et aucune des deux ne parle des reins.

C’est la combinaison qui compte, et elle inclut l’urine. Toujours selon les recommandations de 2016 de l’International Society of Feline Medicine, « l’association d’une azotémie (créatinine et/ou urée sériques augmentées) et d’une densité urinaire inappropriée basse est utilisée en routine pour diagnostiquer une maladie rénale chronique ». L’azotémie, c’est l’accumulation dans le sang des déchets que le rein devrait éliminer. Un bilan sanguin sans analyse d’urine reste donc un bilan incomplet.

La T4 : pourquoi une valeur dans la norme ne clôt pas la question

La T4 totale mesure l’hormone produite par la thyroïde, une petite glande du cou. Chez le chat âgé, elle sert à rechercher une hyperthyroïdie : la thyroïde devient trop active et fait maigrir le chat alors qu’il mange normalement, voire plus. Ici encore, une thèse d’Alfort de 2019 consacrée à la SDMA chez le chat hyperthyroïdien pose l’avertissement qui gouverne tout le reste : « les valeurs de référence varient d’un laboratoire à l’autre ».

Une seconde thèse d’Alfort, soutenue la même année sur les maladies hormonales du chat, rapporte une étude de Peterson et ses collègues (2001) portant sur 917 chats hyperthyroïdiens non traités, 221 chats atteints d’une autre maladie et 172 chats sains. Dans cette étude, 91 % des chats hyperthyroïdiens avaient une T4 au-dessus des valeurs de référence, et aucun chat des deux autres groupes n’en avait.

Une T4 normale n’écarte pas la maladie

Lisez le premier chiffre à l’envers : environ un chat hyperthyroïdien sur dix n’avait pas de T4 au-dessus des valeurs de référence, et échappait donc à ce test. Pire, sur les 221 chats atteints d’une autre maladie, 38 % avaient une T4 inférieure aux valeurs de référence. Une maladie concomitante tire la T4 vers le bas, et peut donc ramener dans la norme celle d’un chat par ailleurs hyperthyroïdien.

Les recommandations de 2016 de l’American Association of Feline Practitioners prévoient exactement ce cas de figure, celui du chat qui « présente des signes cliniques évocateurs avec une T4 dans l’intervalle de référence du laboratoire ». C’est le contexte clinique, et lui seul, qui déclenche la suite : leur panel recommande alors de doser la T4 et la T4 libre « deux à quatre semaines après le bilan initial ». Le résultat de ce second dosage s’interprète ensuite ainsi : « une valeur de T4 dans la moitié haute de l’intervalle de référence associée à une T4 libre élevée appuie un diagnostic d’hyperthyroïdie ». Rien de tout cela ne se conclut sur un premier chiffre lu seul.

Comment la thyroïde et les reins se faussent l’un l’autre

Une thyroïde emballée fait passer plus de sang dans les reins et fait fondre les muscles. Les deux mécanismes poussent la créatinine vers le bas. Les recommandations américaines de 2016 en font une idée reçue à corriger : « les chats dont la créatinine se situe dans l’intervalle de référence n’ont pas de maladie rénale chronique » est faux, car « un débit de filtration glomérulaire augmenté et la fonte de l’organisme abaissent artificiellement les taux de créatinine, en dépit d’une maladie rénale significative ». La thèse sur les maladies hormonales en tire la conséquence : « la prévalence des chats hyperthyroïdiens présentant une maladie rénale chronique est sous-estimée ».

La thèse sur la SDMA en tire la situation la plus piégeuse du bilan du chat âgé, en citant les travaux de Wakeling et ses collègues (2008) : « un chat ayant une valeur de T4 totale et une valeur de créatinine dans la moitié haute de leurs intervalles de référence respectifs pouvait avoir une maladie rénale chronique et une hyperthyroïdie concomitantes, il est donc facilement possible de passer à côté du diagnostic ». Deux lignes affichées comme normales, deux maladies possibles.

Quand le traitement de la thyroïde fait son effet, une maladie des reins qui s’installe progressivement peut devenir visible au bilan suivant. Les recommandations américaines précisent que ce traitement « ne cause pas de lésion rénale ni d’insuffisance rénale, quelle que soit la modalité », en ajoutant que chaque méthode a par ailleurs ses propres effets secondaires décrits, mais qu’aucune « ne cause de dommage direct aux reins ». Il peut en revanche « démasquer une maladie rénale chronique préexistante ».

🩺 Ce que dit la littérature vétérinaire

L’International Renal Interest Society insiste sur le fait que les anomalies « doivent être persistantes » et que les causes non rénales doivent être écartées avant toute conclusion. Elle ajoute une règle que peu de propriétaires connaissent : quand l’histoire, l’examen et les analyses concordent, la stabilité de la fonction rénale se documente en refaisant la créatinine et la SDMA, idéalement les deux, deux à quatre semaines plus tard. Des variations inférieures à 20 à 25 % traduisent une fonction stable et écartent une déshydratation passée inaperçue. C’est pourquoi un vétérinaire propose souvent un contrôle plutôt qu’un diagnostic immédiat.

Relecture vétérinaire en cours de mise en place sur ce site. En attendant, ce bloc ne reprend que des sources vétérinaires vérifiables, listées en fin d’article.

Les stades IRIS : à quoi sert cette classification, et ce qu’elle n’est pas

Si votre vétérinaire a prononcé les mots « stade 2 » ou « stade 3 », il parlait de la classification de l’International Renal Interest Society, qui situe une maladie rénale déjà diagnostiquée pour adapter le traitement et le suivi. Le texte de 2026 pose ses conditions dès sa première phrase : « la stadification est entreprise à la suite du diagnostic d’une maladie rénale chronique », sur « la créatinine sanguine à jeun ou la SDMA sanguine à jeun, ou de préférence les deux, évaluées à au moins deux reprises chez un patient hydraté et stable ».

Stade IRIS (chat)Créatinine µmol/LCréatinine mg/dLSDMA µg/dL
Stade 1moins de 140moins de 1,6moins de 18
Stade 2140 à 2501,6 à 2,818 à 25
Stade 3251 à 4402,9 à 5,026 à 38
Stade 4plus de 440plus de 5,0plus de 38
Valeurs de stadification de la maladie rénale chronique du chat, IRIS Staging of CKD, version modifiée en 2026. Ces seuils ne sont pas des valeurs de référence de laboratoire et ne servent pas à poser un diagnostic : ils s’appliquent à un chat déjà diagnostiqué, à jeun, hydraté et stable, sur au moins deux prélèvements. Ce tableau sert à comprendre ce que le vétérinaire a voulu dire, pas à classer votre chat. Relevé le 5 septembre 2026.

Deux commentaires du texte méritent d’être connus. Sur le stade 2, « la borne basse de l’intervalle se situe à l’intérieur des intervalles de référence de la créatinine de nombreux laboratoires » : un chat peut donc être en stade 2 avec une créatinine affichée comme normale. Sur le stade 1, « une concentration sanguine de SDMA durablement élevée (supérieure à 14 µg/dL) peut être utilisée pour diagnostiquer une maladie rénale chronique précoce ». Le mot important est « durablement ».

Cette classification ne s’arrête d’ailleurs pas au sang : elle sous-classe aussi la maladie sur la protéinurie, c’est-à-dire la fuite de protéines dans les urines, et sur la pression artérielle. Deux mesures qui ne figurent pas sur un bilan sanguin, et qu’il faut donc penser à demander.

Retour d’expérience, cas représentatif. Camille, propriétaire d’un chat de 15 ans : « Pendant deux ans, j’ai rangé les comptes rendus dans un tiroir sans les regarder, en retenant juste « c’est bon » ou « c’est un peu haut ». Le jour où le vétérinaire m’a demandé les anciens, je n’avais gardé que le dernier. Maintenant je les photographie tous, avec la date et le nom du laboratoire. Ça a l’air bête, mais c’est ce qui a permis de voir que sa créatinine montait doucement depuis trois ans, alors qu’elle restait affichée dans la norme à chaque fois. »

Les questions à poser avant de quitter la consultation

Le laboratoire apporte des chiffres, vous apportez l’autre moitié du dossier : les cinq signaux de vigilance du chat senior, toujours les mêmes sur ce site, la soif, l’appétit, le poids, la mobilité et le comportement. Un poids qui baisse doucement ou une soif qui augmente valent souvent plus qu’un dosage supplémentaire.

  1. Ce résultat est-il comparable au précédent ? Même laboratoire, même méthode, ou pas.
  2. Mon chat était-il à jeun et bien hydraté au moment de la prise de sang ?
  3. Quelle est la tendance sur les bilans précédents ? Pas seulement le chiffre du jour.
  4. Faut-il une analyse d’urine, et laquelle ? Densité urinaire, rapport protéines sur créatinine.
  5. La pression artérielle a-t-elle été mesurée ?
  6. Faut-il un contrôle, et sous quel délai ?
  7. Qu’est-ce qui justifierait un rendez-vous avant la date prévue ? Faites préciser les signes concrets.

Ce qu’il faut retenir

Un bilan sanguin n’est pas un verdict, c’est une photographie prise un jour donné, par un appareil donné, sur un animal dans un état donné. Sa valeur vient de l’intervalle de référence de ce laboratoire, de la comparaison avec les bilans précédents de votre chat, et de l’examen clinique. Un traitement, une alimentation rénale comprise, se décide en consultation, jamais à partir d’une ligne de résultat. Deux gestes dès aujourd’hui : rassemblez vos anciens comptes rendus au même endroit, et notez chaque mois le poids de votre chat.

Questions fréquentes

Ma créatinine est dans la norme, puis-je être rassuré ?

Pas à elle seule. L’International Renal Interest Society indique que beaucoup d’intervalles de référence de la créatinine sont assez larges pour inclure des animaux atteints d’une maladie rénale légère à modérée. C’est l’évolution du chiffre chez votre chat, avec l’examen et l’analyse d’urine, qui répond à cette question.

La SDMA est-elle un meilleur test que la créatinine ?

Elle est plus sensible et n’est pas influencée par la fonte musculaire, un avantage réel chez un chat âgé et maigre. Mais l’International Renal Interest Society précise que sa spécificité n’est pas bien définie, et une thèse de l’École nationale vétérinaire d’Alfort de 2019 portant sur 28 chats hyperthyroïdiens a conclu qu’elle « ne présente pas d’intérêt notable par rapport à la créatininémie ». Les deux marqueurs se lisent ensemble, jamais l’un contre l’autre.

Faut-il que mon chat soit à jeun avant la prise de sang ?

Pour la créatinine, l’International Renal Interest Society recommande un jeûne, idéalement de 12 heures, parce qu’un repas à base de viande fait absorber de la créatinine. L’urée monte elle aussi après un repas riche en protéines. Demandez la consigne à votre clinique.

Le bilan sanguin suffit-il à diagnostiquer une maladie des reins ?

Non. Les recommandations de 2016 de l’International Society of Feline Medicine décrivent l’association d’une azotémie et d’une densité urinaire anormalement basse comme la combinaison utilisée en routine. L’analyse d’urine fait partie du diagnostic, pas des options.

Mon chat a une hyperthyroïdie, pourquoi contrôler aussi les reins ?

Parce qu’une thyroïde emballée augmente la filtration rénale et fait fondre les muscles, ce qui abaisse la créatinine des deux côtés à la fois. Une thèse de l’École nationale vétérinaire d’Alfort de 2019 indique que la fréquence des chats hyperthyroïdiens ayant aussi une maladie rénale chronique est de ce fait sous-estimée.

Sources

  • INTERNATIONAL RENAL INTEREST SOCIETY. IRIS Staging of CKD (Modified 2026). Document de stadification (PDF, 2026) et texte explicatif du système.
  • SPARKES A. H., CANEY S., CHALHOUB S. et coll. ISFM Consensus Guidelines on the Diagnosis and Management of Feline Chronic Kidney Disease. Journal of Feline Medicine and Surgery, 2016, vol. 18, n° 3, p. 219-239. Consulter le texte intégral
  • CARNEY H. C., WARD C. R., BAILEY S. J. et coll. 2016 AAFP Guidelines for the Management of Feline Hyperthyroidism. American Association of Feline Practitioners, approuvées par l’International Society of Feline Medicine. Journal of Feline Medicine and Surgery, 2016, vol. 18, n° 5, p. 400-416. Consulter les recommandations
  • DENYS N., FURON K. Détermination des intervalles de référence des variables biochimiques sanguines chez le chat au laboratoire de biochimie de l’ENVA. Thèse de doctorat vétérinaire, École nationale vétérinaire d’Alfort, 2014. Consulter la thèse
  • HARDY M. Dosage de la SDMA chez les carnivores domestiques : données bibliographiques et étude des résultats sur une population présentée au CHUVA (2015/2016). Thèse de doctorat vétérinaire, École nationale vétérinaire d’Alfort, 2017. Consulter la thèse
  • DOUAY T. Utilisation de la concentration en diméthylarginine symétrique sérique dans la détection d’une maladie rénale chronique chez le chat hyperthyroïdien. Thèse de doctorat vétérinaire, École nationale vétérinaire d’Alfort, 2019. Consulter la thèse
  • DA SILVA A. Les maladies endocriniennes du chat : étude épidémiologique descriptive rétrospective réalisée sur 498 cas présentés au centre hospitalier universitaire vétérinaire d’Alfort entre 2012 et 2017. Thèse de doctorat vétérinaire, École nationale vétérinaire d’Alfort, 2019. Consulter la thèse

Précisions de méthode. Les travaux de Hall et coll. (2014) sont cités d’après la thèse de HARDY, ceux de Peterson et coll. (2001) d’après la thèse de DA SILVA, et ceux de Wakeling et coll. (2008) d’après la thèse de DOUAY, qui en sont nos sources directes. Les citations de l’International Renal Interest Society, de l’International Society of Feline Medicine et de l’American Association of Feline Practitioners sont traduites de l’anglais par nos soins. Sources consultées et chiffres relevés le 5 septembre 2026.

Image a la une : Vitaly Gariev sur Pexels.