Asthme du chat : toux, sifflements et que faire au quotidien
Sommaire
Votre chat tousse, un peu comme s’il cherchait à recracher une boule de poils, sauf que rien ne vient et que ça recommence quelques jours plus tard. Vous vous dites que c’est sans doute son pelage qui l’irrite, encore un tour de plus. Puis vous remarquez, un soir, un léger sifflement quand il respire au repos. C’est le genre de détail qui passe facilement pour une bricole digestive, alors qu’il concerne en réalité les voies respiratoires, et qu’il mérite un vrai regard vétérinaire.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Si votre chat respire bouche ouverte, refuse de bouger ou semble lutter pour respirer, il s’agit d’une urgence vétérinaire : contactez immédiatement votre vétérinaire ou une clinique d’urgence, sans attendre.
L’asthme du chat, ou asthme félin, est une inflammation chronique des petites voies respiratoires qui les rend hyperréactives, provoquant toux, sifflements et parfois une vraie détresse respiratoire. Dans une étude portant sur 97 chats suivis en clinique de référence, la toux était présente chez 95 à 96 % des chats atteints, et un sifflement à l’auscultation chez 82 % d’entre eux (Grotheer et coll., 2020). Un chiffre d’environ 1 % de la population féline générale est régulièrement cité dans la littérature vétérinaire, mais aucune donnée propre à la France n’a pu être vérifiée : on s’en tient donc ici à ce qui est établi sur les signes plutôt qu’à une fréquence nationale précise.
Ce qui se passe dans les poumons de votre chat
L’asthme félin correspond à une inflammation chronique des petites voies aériennes, entretenue par un type de globule blanc appelé éosinophile. Cette inflammation rend les bronches hyperréactives : elles se contractent de façon excessive au contact d’un déclencheur (fumée, poussière, parfum, litière parfumée, pollen), ce qui réduit le passage de l’air. Avec le temps, les parois des bronches peuvent s’épaissir durablement, rendant la respiration plus difficile de façon permanente. Il existe une maladie proche, la bronchite chronique féline, qui ressemble beaucoup à l’asthme dans ses symptômes mais correspond à une inflammation dominée par un autre type de globule blanc (le neutrophile) : les deux ne se distinguent de façon fiable que par un examen des voies aériennes, pas par les symptômes seuls.
Les races concernées
Une prédisposition est documentée chez plusieurs races à morphologie fine et longiligne.
| Race | Fréquence chez cette race | Âge d’apparition | Conséquences possibles |
|---|---|---|---|
| Balinais | Fréquente | 2 à 8 ans | Crises de toux et de détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Mandarin (Oriental poil long) | Fréquente | 2 à 8 ans | Crises de toux et détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Mau égyptien | Fréquente | 2 à 8 ans | Crises de toux, détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Oriental | Fréquente | 2 à 8 ans | Crises de toux et détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Siamois | Fréquente | 2 à 8 ans | Crises de toux et de détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Snowshoe | Rare | 2 à 8 ans | Toux chronique, détresse respiratoire, prise en charge médicale. |
| Thaï | Fréquente | 2 à 8 ans | Toux chronique, détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
| Tonkinois | Fréquente | 2 à 8 ans | Toux chronique, détresse respiratoire, prise en charge médicale à vie. |
Les chats croisés et de gouttière, largement majoritaires en France, ne figurent pas dans ce tableau, mais ils ne sont pas à l’abri pour autant : dans l’étude de référence citée plus haut, la maladie touchait aussi bien des chats jeunes que des chats seniors, races comprises et non comprises. La race n’est ici qu’un facteur de risque parmi d’autres.
Asthme chez le chat : les symptômes à repérer à la maison
- Une toux répétée, souvent confondue avec une tentative de recracher une boule de poils, présente chez 95 à 96 % des chats atteints dans l’étude de référence.
- Des bruits respiratoires anormaux à l’écoute, notamment un sifflement.
- Une respiration difficile ou accélérée, un essoufflement au repos ou à l’effort.
- Une baisse d’activité, une moindre tolérance à l’effort qu’auparavant.
- En situation de gêne marquée, une position accroupie, le cou tendu et la tête basse pour respirer.
Les 5 signaux de vigilance du chat senior, appliqués à cette maladie
Sur ce site, nous ramenons la surveillance d’un chat âgé aux mêmes cinq repères. Voici ce que chacun donne face à une maladie des voies respiratoires.
- La soif. Pas un signe direct de cette maladie ; une soif en hausse oriente plutôt vers une autre cause à faire vérifier en parallèle.
- L’appétit. Généralement conservé dans l’asthme félin, sauf en cas de crise sévère où l’inconfort respiratoire peut couper l’envie de manger.
- Le poids. Rarement affecté directement, sauf en cas de maladie chronique très avancée avec baisse d’activité prolongée.
- La mobilité. Une baisse d’activité et une moindre tolérance à l’effort sont parmi les premiers signes rapportés par les propriétaires.
- Le comportement. Une toux qui devient plus fréquente, un chat qui évite les jeux qu’il aimait, ou qui adopte une position de gêne pour respirer.
🩺 Ce que dit la littérature vétérinaire
Le diagnostic de certitude repose sur l’analyse du liquide de lavage broncho-alvéolaire, décrite comme le seul moyen de confirmer la maladie avec certitude : une proportion élevée d’éosinophiles (plus de 17 %) oriente vers l’asthme félin, une majorité de neutrophiles oriente vers la bronchite chronique (Sharp, 2013). En situation de crise aiguë, l’asthme félin « peut engager le pronostic vital et nécessite une prise en charge en urgence » (Lee-Fowler, 2018).
Relecture vétérinaire en cours de mise en place sur ce site. En attendant, ce bloc ne reprend que des sources vétérinaires vérifiables, listées en fin d’article.
Crise d’asthme : quand consulter, et sous quel délai
- Contactez immédiatement votre vétérinaire ou une clinique d’urgence si votre chat respire bouche ouverte, refuse de bouger ou semble lutter pour respirer.
- Prenez rendez-vous sous 24 à 48 heures si une toux devient plus fréquente, si vous entendez un sifflement à la respiration, ou si l’activité de votre chat baisse sans autre explication.
- Programmez une consultation classique devant une toux occasionnelle isolée, pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’autre chose.
Le dépistage et les tests ADN
Il n’existe pas de test ADN pour l’asthme félin. Aucune source vétérinaire vérifiée ne décrit cette maladie comme une anomalie génétique unique dépistable par un test : il s’agit d’une maladie inflammatoire multifactorielle des voies aériennes. Le seul « dépistage » utile reste l’attention portée à une toux qui s’installe chez une race prédisposée, suivie d’un avis vétérinaire.
Chat asthmatique : que faire au quotidien
La littérature distingue la gestion d’une crise aiguë, qui relève exclusivement du vétérinaire (oxygénothérapie, réduction du stress, bronchodilatateurs administrés sur place), et la gestion de fond au long cours. Cette dernière associe un traitement anti-inflammatoire prescrit par votre vétérinaire, parfois des bronchodilatateurs en complément, et surtout la réduction de l’exposition aux facteurs déclenchants : fumée, poussière, parfums, litières parfumées, moisissures. C’est une maladie chronique : la prise en charge vise à contrôler les symptômes et à réduire la fréquence des crises, pas une guérison définitive. Un chat qui respire avec plus d’efforts au quotidien se fatigue aussi plus vite et peut se toiletter un peu moins bien, ce qui rejoint les repères décrits dans notre article sur la dermatite séborrhéique du chat. Réduire l’excès de poids, quand il existe, allège aussi l’effort respiratoire : voir notre article sur l’obésité du chat.
Retour d’expérience, cas représentatif. Camille, propriétaire d’un chat de 15 ans : « J’ai longtemps cru qu’il essayait juste de recracher une boule de poils. C’est en filmant une de ses quintes de toux pour la montrer au vétérinaire qu’on a fini par comprendre que c’était autre chose. Depuis, j’ai changé la litière pour une version sans parfum, et les crises sont devenues plus rares. »
Ce qui change chez le chat de plus de 10 ans
Un chat senior asthmatique cumule souvent deux difficultés qui se masquent l’une l’autre. La baisse d’activité et la moindre tolérance à l’effort liées à l’âge peuvent dissimuler l’essoufflement provoqué par la maladie bronchique, retardant la consultation. Par ailleurs, la toux et l’essoufflement de l’asthme félin peuvent se confondre avec les signes d’une maladie cardiaque, elle aussi plus fréquente chez le chat âgé : les deux nécessitent un diagnostic différentiel sérieux, notamment par imagerie thoracique, avant de conclure à une origine purement bronchique. Un bilan sanguin complet fait souvent partie de ce bilan de différenciation. Un chat senior connu pour une maladie cardiaque ou rénale qui se met à tousser ou à respirer plus difficilement doit être réévalué plutôt que de systématiquement attribuer le changement au grand âge.
Questions fréquentes
Comment distinguer une toux d’asthme d’une simple boule de poils ?
Ce n’est pas toujours facile à l’œil : dans l’étude de référence, la toux touchait 95 à 96 % des chats asthmatiques et ressemblait souvent à une tentative de recracher une boule de poils. Une toux qui se répète sans rien qui sorte, ou accompagnée d’un sifflement, doit être montrée au vétérinaire, si possible filmée.
L’asthme félin touche-t-il seulement les chats jeunes ?
Non. Dans l’étude de référence, l’âge médian au diagnostic était de 6,2 ans, avec des cas allant de 1 à 15 ans : la maladie peut donc toucher un chat senior comme un chat jeune.
Peut-on guérir l’asthme du chat ?
Non, c’est une maladie chronique. La prise en charge vise à contrôler les symptômes et à réduire la fréquence et la gravité des crises, pas à obtenir une guérison définitive.
Que faire si mon chat fait une crise d’asthme ?
Si votre chat respire bouche ouverte, refuse de bouger ou semble lutter pour respirer, c’est une urgence : contactez immédiatement votre vétérinaire ou une clinique d’urgence. La gestion d’une crise aiguë relève exclusivement du vétérinaire (oxygénothérapie, réduction du stress, bronchodilatateurs administrés sur place).
Faut-il changer la litière si mon chat est asthmatique ?
Les litières parfumées et poussiéreuses font partie des facteurs déclenchants documentés. Passer à une litière peu parfumée et peu poussiéreuse est une mesure d’environnement recommandée, en complément du suivi vétérinaire.
Le diagnostic nécessite-t-il toujours une anesthésie ?
Le diagnostic de certitude, par lavage broncho-alvéolaire, se fait sous sédation ou anesthésie légère. Certains vétérinaires démarrent d’abord un traitement d’épreuve avant d’aller jusqu’à cet examen, en particulier chez un chat déjà fragile sur le plan respiratoire.
Sources
- GROTHEER M., HIRSCHBERGER J., HARTMANN K. et coll. Comparison of signalment, clinical, laboratory and radiographic parameters in cats with feline asthma and chronic bronchitis. Journal of Feline Medicine and Surgery, vol. 22, n°7, 2020, p. 649-655. Consulter le texte intégral
- LEE-FOWLER T. Asthma in Cats: Acute and Long-Term Management Guidelines. Today’s Veterinary Practice, 2018 (mis à jour 2022). Consulter
- SHARP C. R. Diagnosis Of Feline Lower Airway Disease. Today’s Veterinary Practice, 2013. Consulter
- REINERO C. R., MASSEAU I., GROBMAN M. et coll. Perspectives in veterinary medicine: Description and classification of bronchiolar disorders in cats. Journal of Veterinary Internal Medicine, vol. 33, n°3, 2019, p. 1201-1221. Consulter le texte intégral
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